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Affichage des articles du 2010

Les arts à l’honneur—Peinture

Credit image: http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu-part1.html Wassily Kandinsky Jaune-rouge-bleu Efferve science Nuage de songes. Vision onirique. Le penseur porte la lumière de l’humanité. Démagogue; polémiste. Ses idées bousculent, dérangent. Repli scientifique : le temps pourrait lui donner raison. Lorsque l’homme de science part autour du monde pour rencontrer les siens, c’est l’effervescence : échanges entre Amérique et Europe et joute intellectuelle avec l’Asie. Astres et logarithmes virevoltent d’un verbe à l’autre. Les cerveaux surchauffent dans l’assimilation de tant de connaissances; les yeux s’embuent, les comissures écument. Ces gens savent qu’ils peuvent changer le monde, une invention à la fois. Des théories se font et se défont, sans la menace d’une inquisition. À chaque séminaire, l’univers se révèle à eux, de la conquète de l’espace, jusqu’à la nano-technologie. À chaque pas...

Les arts à l’honneur—Peinture

Credit image: http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu-part1.html Paul Klee, Le Timbalier Attaque technoloqique Il me regarde d’un air accusateur. Il me reproche mon indifférence. Que puis-je faire, pensais-je? Cet écran, le miroir du monde; suis-je, coupable d’être témoin? Pourquoi n’assume-t-il pas l’horreur qu’il diffuse? Tel un crotale prêt à attaquer, son câble tente de se connecter à ma conscience. Nullement perturbée, je menace de faire sauter les fusibles. Interjection de dépit, dans un torrent de vulgarité. Je saisis le point d’exclamation au vol et frappe un circuit direct dans l’œil de Big Brother. Celui-ci voit rouge et s’éteint dans une explosion d’information. Je vais chercher le balais pour ramasser les dégats : nouvelles en continu, téléréalités, publicités assomantes et répétitives. Puis, je m’en vais me coucher dans l’appréhension des rêves.

À une amie

J’ai suivi pendant six ans des ateliers d’écriture avec un professeur des plus exceptionnels: Claudine Thibaudeau. Claudine Thibaudeau est une amie précieuse. Cette dame d’une vénérable expérience de vie, m’a aidée à façonner l’écrivain que je suis; elle m’a conseillée, corrigée, encouragée, montrée la voie du professionalisme. Nous avons échangé sur divers sujets. Avec le temps,nos affinités franchirent, main dans la main, le fossé des générations. Je m’ennuie de ces rencontres, de ces échanges. Bien que sa vocation d’enseignement s’échelonne sur des décennies, sa carrière d’écrivain vient à peine d’être amorcée, avec un roman autobiographique : La fille du château, et un recueil de poèmes : Quand j’entrerai dans mon métier de morte; comme quoi il n’est jamais trop tard pour bien faire! Il y a un mois, j’ai eu encore une fois le privilège d’assister à son lancement. Cette fois-ci, j’ai contribué à son hommage en tant qu’élève avec la lecture d’en court texte. Le voici. Hommag...

Ode à celles que je ne suis pas

Debout, mères d’Acadie! Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas Vouloir. Vouloir à tout prix; vouloir a un prix. Vouloir, faire, pouvoir et espérer. De ces quatre verbes, un seul émane une odeur de passivité or, l’action espérer n’a rien de passif. L’espoir contient la volonté, l’anticipation, l’angoisse, la fébrilité…et parfois la déception. Une palette d’émotion plus significative qu’un simple champ lexical, plus forte qu’une définition dans le Petit Robert. L’espoir, c’est vouloir, et vouloir souvent mène à faire et pouvoir. Passer à l’action. Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas , deux mères acadiennes de l’Ile du Prince-Edouard ont porté l’étendart de leur langue et leur identité culturelle jusqu’en cour suprême Elles voulaient une école française pour leurs enfants, pour les enfants de leur communauté de Summerside et pour les générations à venir. Elles ont désiré une survie au-delà de leurs cellules familiales. Contre vents et ma...

Ode à celles que je ne suis pas

Les filles du roy, pionnières d’ici. Orphelines de la Salpêtrière, filles de personne, futures mères d’un nouveau peuple, nul ne peut contester le courage de ces filles du roy , personnages importants de notre histoire. Elles sont les pionnières d’un pays neuf, nées de la France, façonnées par l’Amérique et de ses premières nations. Sans noblesse de famille, elles seront à jamais nobles par leur choix : elles ont accepté de quitter leur France natale--où l’obscurantisme des chasses aux sorcières règne encore, où le rang détermine votre valeur, où personne ne voulait d’elles--pour un destin incertain, le nouveau continent. En Nouvelle-France résidait l’opportunité d’une nouvelle vie. Une vie meilleure? Cela ne dépendait que d’elles…et de la Providence. Qu’elle accompagne leur traversée et leur permette d’atteindre le rivage! Énumérer les conditions misérables des traversées en bateau au XVIIe siècle, ainsi que les nombreux périls transatlantiques, prendrait un chapitre! I...

Ode à celles que je ne suis pas

Irshad Manji Comme il est parfois difficile de se tenir debout face à l’adversaire; il est tout aussi ardu et risqué de se dresser contre les siens. Contre un puissant vent de traditions millénaires, un zéphyr féroce où religion, loi et mœurs sont indissociables, une femme ose affronter ce souffle, hostile à sa dissidence. Elle sait se faire un chemin à travers chaque obstacle et son désir de communiquer ses doutes à travers sa foi est inébranlable. De confession musulmane, Irshad dérange pour plusieurs raisons : elle est féministe et son orientation sexuelle va à l’encontre des valeurs de sa communauté religieuse. En plus, elle est journaliste : les interrogations font partie de son métier, mais remettre en question les saintes écritures relève de l’hérésie. Véritable trahison envers les «vrais » musulmans, un déni de la foi islamique. Pour beaucoup de ses frères de religion, Irshad mérite la prison ou pire : la mort. Les menaces sont légion à l’égard d’Irshad Manji. Les ...

Ode à celles que je ne suis pas

Femmes héroïnes du monde La terre et ses révolutions; l’humanité et ses révoltes. Que d’humains peuplent ce monde! Autant de vies pour autant d’histoire à raconter. Ces histoires voyagent à travers le globe, au gré des tendances, des intérêts de l’humanité. Nous savons à présent que nous ne sommes plus seuls dans l'univers; en attendant, nous nous racontons entre nous. Naissances, morts, guerres, entraides, accession et succession. Sournois, le mensonge parfois se glisse entre ces pages où l’histoire s’écrit à l’indicatif présent. Sans pour autant être immortalisées dans les « grands livres », des femmes commettent des actes héroïques, historiques, à petite ou grande échelle. Elles sont à tous les combats : nationaux, municipaux, ou personnels. Elles vaincront, elles se sacrifieront,; leurs victoires seront aussi les nôtres. Voici l’histoire de femmes qui, partout sur la planète, ont inscrit le mot « courage » dans ma conscience. ******************************...

Ode à celles que je ne suis pas

La volonté aux ailes d’acier Amelia Earhart L’Amérique entre deux guerres. Aux Etats-Unis, en 1928, accompagnée de deux hommes, une femme passionnée par l’aviation survolait l’Atlantique. Simple passagère; un vol transatlantique en fit l’égérie de sa génération. Amelia Earhart était née. En 1932, soit quatre ans plus tard, Amelia Earhart pilotait son propre avion, le Lockheed Vega, à travers le même périple. Seule, cette fois-ci. Derrière le goût de l’aventure et le plaisir d’être aux commandes de son appareil, le désir de rétablir une erreur de l’histoire : puisqu’ils étaient aux commandes pendant la première traversée, ses deux comparses auraient dû obtenir une part de la reconnaissance publique. Amelia avait involontairement détourné l’attention parce qu’elle était une femme—la première—à le faire. Mérite attribué au sexe, plus qu’à l’exploit. Cette fois-ci, elle allait mériter les éloges et la popularité pour SES accomplissements. Ancienne travailleuse sociale à ...

Ode à celles que je ne suis pas

Ce projet inachevé se voulait un recueil de textes en prose poétique sur des femmes, modèles inscoupçonnés et hétérodoxes pour nos jeunes filles, car ces exemples n'ont pas toutes nécéssairement foulé le sentier du showbiz. Un autre de mes critères de recherche pour mes sujets fut l'action: même si certaines d'entre elles connurent une fin tragique, je voulais des femmes d'action et non des victimes passives. Je laisse à mes lecteurs le soin de juger de mes choix, de mon initiative et du reste. À la mémoire de Saida Saida Menebhi Sous la lumière ardente du Maroc des années 1970, une vague timide tourmenta le courant influençable de la plèbe. Elle fut engloutie hélas, victime parmi des centaines d’autres, par le remous fangeux de l’oppression. Cette petite vague s’appelait Saida Menebhi. Saida, l’étudiante, la militante socialiste, la rebelle… la disparue. Son histoire fut semblable à celle de nombres de révolutionnaires. Sa ...

Archives XXIII

Les paradoxes de Léon Bellefleur J’ai contemplé plusieurs œuvres non figuratives et mon choix s’est arrêté sur celle de l’artiste Léon Bellefleur. L’œuvre de Monsieur Bellefleur occupe les pages quarante-six et quarante-sept du numéro Été 1982 de la revue Magazine’Art : c’est sur ce thème abstrait que j’écrirai. Considérer cet exercice facile serait mentir; j’ai laissé l’image dormir dans ma tête jusqu’à ce qu’elle vienne d’elle-même m’inspirer, l’espace d’une nuit, juste avant que le sommeil me gagne. Ainsi, je tenterai de traduire mon inspiration en mots sans trop laisser le chaos s’installer. En ce treize décembre, jour de l’atelier d’écriture, mon crayon a grande peine à suivre mes idées, tant elles éclatent et se bousculent dans ma tête, un peu comme les traits de peinture de la toile de Bellefleur. De cette œuvre me sont apparus des paradoxes : la mort et la vie, la beauté et la laideur, la tempête et le calme. D’abord, la mort. J’avais en tête une scène comme j’en avais...

Archives XXII

Souffle au coeur Mon cœur se fane. Les pétales de ma jeunesse tombent un à un, virevoltent dans la vacuité fatale du passé. Mon âme assoiffée d’affection observe avec angoisse le sablier des heures sans tendresse. Encore des promenades solitaires, de solstice en équinoxe, sans une main pour réchauffer la mienne. Une autre saison froide sans personne pour réchauffer mon lit. Point d’escapades romantiques, point de surprises pour égayer mes jours. Point d’avenir radieux pour moi. À quand le délice de cet instant où j’aurai trouvé le partenaire rêvé, soleil de ma morne existence, où j’aurai connu le bonheur de se lever le matin, avec pour seule motivation, l’anticipation de revoir l’être aimé? Vibrer pour le plaisir simple de caresser la tête de l’autre, en plein farniente, un dimanche pluvieux. Vivre pour ces petits bonheurs banals, semés un à un dans notre vortex temporel nommé « quotidien » : Un petit mot doux écrit à la hâte avant de partir, quelques paroles à l’oreille, inspir...

Archives XXI

Nuit Blanche Ô nuit oppressante, source de mon insomnie! Je n’ai d’autre remède contre toi qu’une longue promenade au clair de lune. L’orage est passé, mais persiste le grondement obstiné du tonnerre. Le vent est une bouffée de caresses. Malgré la lourdeur humide de l’air, cette nuit d’après la pluie m’enchante. Voyez, cette brume estivale au ras des rues miroitantes, ces arbres tourmentés par les dernières rumeurs de la bourrasque! Sentez, cet air enivrant chargé de tempête! Écoutez, la sérénade stridente des grillons au loin! Le dôme céleste a caché son firmament sous son voile d’encre…et alors?! La veillée n’en est pas moins chimérique, toute en douceur, comme un Chagall. Pendant que mes semblables sont à la merci de leurs délires oniriques, j’en profite pour m’aventurer seul dans le parc où tout semble dormir. D’humeur insolente, je salue candidement l’agent nuitard, en pleine tournée de surveillance. Lui, me regarde d’un œil soupçonneux, puis retourne à son état de somn...

Archives XX

Lorsque le rideau tombe sur le jour Rendez-vous avec la solitude nocturne. La sombre gravité de mes pensées me pèse. Je cherche avec fièvre des réponses face à ma quête incessante d’identité. De vieilles angoisses resurgissent; j’essaie de fuir… en vain. Le refuge de mes cogitations n’est en fait qu’un piège destiné à m’enfoncer plus profondément en moi-même. Je me fais peur, me terrifie, même, me menace d’inaction et de dispersion. Où en suis-je? Qui suis-je vraiment? Ai-je fait le deuil de l’Écosse, ou même de ceux disparus autour de moi? La sombre gravité de la nuit me pèse tant! Mon cœur est oppressé et prêt à éclater dans un sanglot de détresse. Je cherche désespérément une porte de sortie dans de vains plaisirs, en attendant ma muse. Est-elle restée là-bas, avec mon amie? Brouillard et lucidité se livrent une lutte sans merci. Nathalie Benoît Le 28 février, 2006

Archives XIX

Le futur voyageur à dos d’outarde. Quand au frais matin acidulé, je saluerai le départ des pèlerins ailés, je laisserai la mélancolie en hibernation. Plus d’adieux amers, fini le serrement de cœur : les oies sauvages peuvent partir vers leur séjour tropical! Le peuple migrateur quitte sa paix boréale comme les feuilles délaissent leur domicile sylvestre. L’un s’élève, l’autre tombe dans une manifestation gracieuse de la gravité. Parmi les insectes engourdis et les arbres frileux, mon âme brûle comme feu de foyer. Désir ardent d’exil. Comme les bernaches à l’aube de l’équinoxe, mon odyssée commence avant le premier foliage. Je laisse derrière famille, travail, amis et bêtes pour atteindre le vieux continent. Les aurores d’airain et les crépuscules précoces ont l’arôme de gaufres bruxelloises, la pluie déverse son torrent sur ma tête-- fraîche douche irlandaise-- et les jours et les rythmes de l’occident ont des accents de Bretagne, de Castille, de Florence ou de Thessaloniki. Je r...

Archives XVIII

Le ciel est aussi pour les ânes Fidèle valet suffreteux et timide aux doux yeux sculptés dans la tristesse, à toi aussi, le paradis ouvrira ses portes. Lorsque tu sentiras à minuit la faucheuse roder les bois et les champs, n’aie pas peur! Ne résiste pas si ton sang se tarit dans tes veines, si les rêves t’envahissent avant le crépuscule, si tu te sens partir et ton cœur fatigué te paraît léger. Brâme une dernière fois ton chant d’espoir, petit bourriquet au manteau de velours! L’univers ne t’a point renié. Pars, laisse-toi aller! Prends part à la caravane de tes frères ânes, si tu la vois passer. Le royaume céleste t’accueillera en liesse. L’herbe ci-haut n’est-elle pas déjà une caresse? Traite tes poumons de cet air fragrant de melons d’eau et de verger d’orange. Plus de mythe, plus de mirages mais un lac d’argent aux poissons affables. Éternel jardin de délices à tes pieds, l’oasis paisible des poètes s’offre à tes naseaux de soie, gentil grison. Le Seigneur, notre ...

Archives XVII

Aziza, marcheuse d’espoir Inspiré de La marche à l’amour de Gaston Miron L’Aziza, beauté du Maghreb Tes pieds au henné ont traversé l’Atlas Doré comme ta peau À quoi rêves-tu, fille chérie Au beau regard de jais meurtri? Ton nom ne te semble pas prédestiné On t’a préféré tes frères, du bétail et des récoltes Fraîcheur de rosée, légèreté de nénuphar Tu sondes le ciel et la mer pour un destin Digne de toi. La brise ne t’apporte que l’amer silence de ton dieu Aziza, détrompe-toi : Allah n’a pas renié ses filles Ensoleillée d’existence, ton âme errante est plus forte Que les dattiers de ton pays Héroïne nomade, pèlerine des dunes Devant toi, les jardins oubliés de la liberté! Elle avance, marche et titube à travers Le désert de l’inconnu. Elle a quitté les siens, la misère Déserté la famille promise, affamée de dot Elle avance, marche, parfois court et titube Vers l’espoir…on lui a parlé des Saudi, en Arabie Tribu indigène où les femmes Prennent la pa...

Archives XVI

Cheval, ma chimère Combien de fois ai-je désiré te chevaucher, créature de rêve? Mes songes les plus secrets m’ont parlé de toi… D’une longue crinière ondoyante dont le ballet fou vient chatouiller chaque mouvement de ta forte encolure; de muscles saillants sous une robe moirée, savonnée d’écume; d’une longue queue soyeuse pour battre la cadence et les mouches; de deux yeux à la fois timides et alertes, prêts à plaire à son maître. J’ai surtout rêvé de galopades longues et effrénées, de prés en déserts, de steppes en rivages, ou l’ivresse, complice du temps, faisait à elle seule durer le plaisir. Ces ballades impromptues ou la bête et le cavalier se découvrent sans même se parler… Mon âme est pleine d’un puissant compagnon, d’une monture au sang chaud dont le profil athlétique évoque ses ancêtres, immortalisés sous forme de statues grecques. Mais aussi d’un ami patient et badin qui m’offre le velours de ses naseaux pendant que sa bouche réclame une friandise. Une petite f...

Archives XV

À Florence… Légers --vision éthérée-- cavalier et cheval s’élancent à la poursuite d’une symbiose animale. De ses sabots, la bête pianote la terre mille fois pétrie. Sa cavalière : une jeune fille à la toison de café et aux yeux verts où l’innocence de son âge se perd dans une mûre détermination. Dompter, ou céder la main? Enseigner, ou apprendre? Tant de notions, de choix et de décision se bousculent sous sa tignasse malmenée dans l’air fendu par le galop. Sous l’abîme céleste drapée de ses couleurs fauves aux rumeurs de crépuscule automnal, la jouvencelle s’acharne sur sa monture : pas, trot, galop,. galop allongé, arrêt, pas de côté… Poids ultra-léger contre poids lourd. L’heure est à la discipline. Des muscles se contractent. Des naseaux s’élargissent, frémissent. Deux oreilles, radars de velours, sondent les alentours pour le moindre signal vocal. Le petit cheval gris pommelé est à l’écoute. Hardi, mais tendre et vaillant. Cabotin, mais jamais hargneux. Une foi...

Archives XIV

Parfum de scandale Gonesse-en-Vexin, Octobre 10, 1808 Je sais, l’intervalle entre mes deux lettres, c’est à dire entre celle-ci et la précédente, a été longue. C’est qu’il se passe, chère amie, de singulières choses chez ma soeur aînée, Elsa. Imaginez-vous donc qu’à peine revenu de sa campagne en Espagne, M.Sévigné (mon militaire de beau-frère) a reçu une missive et est aussitôt reparti. Où? Nous l’ignorons tous. Pourquoi? Nous n’en savons rien. Inutile de vous décrire le branle-bas de combat dans le domaine familial. Sans compter la grande confusion qui règne dans l’esprit de ma pauvre soeur et de Madame sa belle-mère. Imaginez : il est parti sans avoir eu le temps d’embrasser sa femme et ses enfants! Nous sommes donc dans la plus grande obscurité quant aux motifs d’un départ aussi précipité. Sur ce, je vous embrasse et vous retrouverai bientôt, meine lieber Jael. Mais gardez-vous de votre côté de s...

Archives XIII

Istanbul,Turquie Le 15 mai, 1966 Salut, vieux frère! J’ai mis pied sur le sol turc avec autant de préjugés dans mes bagages que mes valises elles-même! Peu à peu, mon séjour là-bas s’est chargé de briser mes idées préconçues sur ces Levantins et ce pays à l’allure austère. Tant de merveilles, j’ai vu en Turquie! C’est un pays où la beauté, aussi cruelle que ses habitants parfois, vous arrache les émotions à même le cœur dans un cri d’admiraton qui ne parvient à sortir. La Cappadoce, le lac de Van, le plateau anatolien…Une nature surréaliste : parfois sauvage, parfois domptée avec finesse. T’ai-je dit que je me suis fait réveiller par le muezzin, à Istanbul? L’appel à la prière a même devancé mon réveil-matin. Mais je n’en fus pas incommodé : ces chants ont une teinte de mélancolie. Mélancolique, une prière? Je devine aisément ton fou rire au moment de lire cette lettre. Je sais à quel point ma tendance à romancer tout aspect de la vie, t’exaspère. Plus tard, lors de la visite...

Archives XII

Les Sélénites Paris Le 17 février, 1873 Je vous écris pour vous rassurer. Je me doute bien que vous vous inquiétez à mon sujet. Mais, pour vous dire franchement, je ne comprends pas pourquoi vous vous plaignez de mes longs silences, de mes « histoires abracadabrantes ». Il est clair que vous vous moquez de moi. Je ne vous demande pas de me comprendre et encore moins de me croire. Seulement, vous êtes la seule personne à qui je me confie. Vous seul êtes digne de confiance car je sais vous ne songeriez pas une minute à me faire enfermer. Je m’en remets donc toujours à vous et uniquement à vous. C’est encore à cause des Sélénites. Oui oui, encore eux! J’ai réussi à avoir une séance avec le chambellan de leur roi. Cependant, puisque j’ai moi-même du mal à me convaincre de quitter leur monde et r...

Archives XI

Un orignal dans le centre-ville (Mtl, PC)Hier soir, les Montréalais ont eu la surprise de leur vie lorsqu’en pleine heure de pointe, un orignal échappé d’un zoo ambulant au Vieux-Port de Montréal a surgit en plein embouteillage sur la rue Notre-Dame. L’animal, visiblement désorienté, a louvoyé entre les nombreux véhicules immobilisés pare-choc à pare-choc, mais n’a causé que peu de dégas. Avec l’aide de la police locale et des représentants de la faune, les responsables de l’imposante bête de six cent cinquante kilos l’ont repérée et maîtrisée à l’aide d’un fusil à dards tranquilisants. ************************************************************** Quelle curieuse forêt! Les arbres ont de bien étranges formes » et ils ne bougent pas au vent. Comme les fourmis sont immenses et elles bougent sans pattes! Les seuls quadrupèdes ici ne ressemblent en rien à mes frères et amis des sous-bois : où sont les orignaux, les cerfs, les lièvres et les ours? Ai-je été victime d’un chasseu...

Archives X

Pauvre Zina Gracieuse, altière, grande et svelte dans son habit d’Amazone, Zenaïda Vladimirovna cravacha sa jument grise. Sonia, bien qu’encore jeune, répondait docilement aux commandes de sa cavalière. Loin des plaines de son Ukraine natal, Zina savait pourtant apprécier ces payages champêtres de la Russie, sa deuxième patrie. Son père était un boyard, attaché au frère du Tsar. Et c’était pour remercier Vladimir Borisovitch que ce digne membre de la famille impériale lui avait offert une luxueuse datcha située à quelques verstes de Moscou, une pléthore de serfs à son service. D’une douceur surprenante pour un seigneur russe, Vladimir savait gérer le personnel de sa propriété avec fermeté, sans trop avoir à utiliser le knout sur ses moujiks. Âgé de 12 ans, le jeune écuyer suivait Zina comme son ombre. Veillant à ce que « Mademoiselle » ne tombe pas, le jeune homme s’aquittait de sa tâche avec grand zêle. Fils de l’intendant du Boyard, Vika considérait sa maîtresse comme sa ...

Archives IX

La légende du saule pleureur Planté à l’arrière du terrain d’un charmant cottage anglais, le majestueux saule pleureur fait figure d’hôte, de maître des lieux. Ses branches en cascades de larmes dansent avec la brise, pendant que la plus longue d’entre elles, rebelle, esquisse des figures dans les ondes du lac. Cette branche s’appelle Sorrow—qui veut dire chagrin, en Anglais—car elle semble avoir pleuré depuis plus d’un siècle. L’arche que forme Sorrow est devenue l’autel où les cygnes viennent s’épouser, et où le héron vient faire son pèlerinage. Mais à l’époque où Sorrow était jeune, le saule pleureur était lieu de culte à l’amour. Les jeunes gens s’y rencontraient ou s’y faisaient de tendres confessions empreintes de désir et de promesses. Le saule en contient autant que les anneaux qui indiquent son âge. Les amants se retrouvaient au pied du saule et y célébraient leurs retrouvailles. Les âmes solitaires y venaient soupirer et gémir, maudissant leurs coeurs esseulés....

Archives VIII

Circé la vilaine Circé « la sorcière » était crainte de tout le monde. D’abord son apparence était loin de rassurer la société « bien pensante » d’un petit village composé exclusivement de Blancs. Circé avait le teint sombre comme du café torréfié, une longue crinière noire et crépue qui n’avait pas été peignée depuis des lustres et de longues dents. Ses gros yeux globuleux roulaient comme des billes lorsqu’elle se fâchait. Même que son regard, selon certains, miroitait la malice et la décadence. Oui, une vilaine sorcière, une véritable harpie. Tous s’entendaient à le dire. Quant à sa voix…sa voix raillée et perçante faisait grincer des dents tous ceux qui se tenaient à proximité d’elle. Raison de plus de se méfier : la créature portait un nom étranger. Et cette affreuse balafre qu’elle portait sur l’épaule gauche était sûrement la marque de Satan lui-même. Son tour préféré pour agacer ses détracteurs était de les faire sursauter en leur soufflant dans la ...

Archives VII

Fugue pour un amour perdu… Fuir. Fuir un deuil, se fuir soi-même lorsque la douleur nous broie les entrailles jusqu’à l’étouffement; l’urgence est dans la fuite. J’ai dû ravaler mon angoisse à partir du moment où nous avons quitté le bureau du médecin, jusqu’à notre arrivée à la maison. J’ai dû réprimer un cri pour éviter que du ne l’entendes, mais c’était plus fort : ce cri profond, déchirant, interminable a secoué ma fondation et s’est prolongé jusqu’à la seconde même où tu m’as fait tes adieux. Je devais t’épargner mon désespoir; faible, j’aurais été inutile. J’ai marché presque à genoux vers un obstacle à franchir, vers un défi destiné à déterminer ma place dans cet univers : suis-je encore parmi les vivants ou t’ai-je accompagnée dans la mort? J’ai entrepris le sentier escarpé vers le sommet, alimenté d’un sourd espoir : je voulais voir l’autre versant de la montagne. Comme si cette découverte me révèlerait les secrets de ton monde, dans l’au-delà. C’est fou co...

Pour l'amour des mots...de A à Z

Émerillon: Petit faucon au vol rapide, employé autrefois à la chasse. Émerilloné: Vif, éveillé Endêver:(Vx)Rager. Faire enrager qqn.Syn:Tourmenter. Endiguer:(Fig)Retenir, réprimer(un courant, une force qui tend à dééborder) Endogamique:V.Endogamie Endogamie:Obligation pour les membres de certaines tribus de se marier dans leur propre tribu. Enfieller: Remplir de fiel, d'aigreur. Enguirlander:(Fam)Réprimander Épectase: Décès pendant l'orgasme. NDLR:Eh bien, qui aurait cru qu'un mot précis existait pour définir ce phénomène? Épicène: Qui désigne aussi bien le mâle que la femelle. Dont la forme ne varie pas selon le genre. Érémitique: Propre à un ermite. Ex:Mener une vie érémitique. Ergoter(ergotage, ergoterie): Manie de critiquer, chicaner, chercher querelle. Erre:(Vx)Manière d'avancer, de marcher. Erre d'aller: Élan, lancée.Ex:Donner l'erre d'aller. Escarcelle: Grande bourse que l'on portait suspendue à la ceinture. Syn:Aumonière. (Plaisant)Bourse, portef...

Échos de François Charron

Avant-propos : J’ai décidé de faire l’inverse : à l’ère de la poésie contemporaine, je tente mes premières armes à la poésie un peu plus…disons…classique. Mais puisque j’en suis à mes premières armes, soyons indulgents : je commence à rimailler, mais n’ai pas encore maîtrisé l’art du rythme. Échos de François Charron « Notre Silence (Pour les amants), François Charron » « Nous avons passé une partie de la journée à l’extérieur Du linge fraîchement lavé sèche sur une corde C’est sans doute encore le soir Notre esprit n’est presque plus rien dans la pâleur la pièce Au fond de nous, le silence nous répare parce qu’il n’a pas d’être » Poème inspiré du précédent Amour oisif Charmante illusion, cette possession du temps À saveur de limonade et de melon d’eau De sa douceur vespérale l’été nous faisait cadeau Ô, jubilation de paresseux impénitents! L’air embaumait le coton frais et l’intimité Le vent dans les feuillages nous berçait de sa barcarolle Nous n’avions encore échangé une parol...

Long silence

Après ce long silence, entre deux ou trois poèmes et un roman inachevé (sur lequel j’ai recommencé à travailler), me revoilà! Inutile de me confondre en justifications; les raisons sont toujours les mêmes. Toutefois, je réapparais toujours, après quelques crises d’angoisse, extractions de dents, privations de dessert, une semaine de vacances et autres parenthèses du genre. Il se trouve toujours quelqu’un sur mon chemin pour fouetter en moi le goût—non, la motivation--de m’atteler à mon labeur de création. Le plus récent « drill sargeant » ? Un malgré lui : mon collègue, S., à qui je fais un clin d’œil et lève mon chapeau. Non seulement est-il un confrère de travail, mais aussi un homologue écrivain dont j’estime profondément l’originalité des écrits et la maîtrise de la stylistique. Il m’a prêté un recueil de textes dont il a fait faire la reliure et, non seulement je le dévore avec avidité, mais ledit manuscrit semble suciter l’intérêt de confrères et consoeurs de travail. Si je lui ...

Pour l'amour des mots...de A à Z

Effeuillaison: Chute naturelle des feuilles. Égérie: Conseillère,inspiratrice d'un homme politique, d'un artiste, d'un créateur. Égide: Ce qui défend, protège. Syn:Bouclier, protection. Églogue: Petit poème pastoral ou champêtre. Égrillard:1.(vx)Gaillard, luron. 2.Qui se complaît dans des propos ou des sous-entendus licencieux. Syn:Grivois. Égrotant: Souffrant, maladif. Syn:Cacochyme, valétudinaire. Élégiaque: Qui est dans le ton mélancolique. Élégie: Poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques. Élixir:(vx)Essence la plus pure, quintessence. 2.(Mod)Médicament liquide destiné à être pris par la bouche. Élitaire: Qui appartient à une élite. Ellipse: Art du raccourci ou du sous-entendu. Omission dans une suite logique, narrative. Elliptique: Style elliptique. Syn: Télégraphique. Qui fait des ellipses, ne développe pas sa pensée. Syn: Allusif.

Entité

Engloutis dans la cage thoracique De fer et de verre Un flot de passants circule Dans cette vacuité urbaine Parfois, ils traversent une forêt rose bonbon Sur du pavé gris, foulé de millions de pas Sans se soucier d’être observés Par des hiboux au plumage gris et bleu Pas de miettes pour ces Petits Poucets Leurs soucis dans la paume d’une main Guidés par des cyclopes Un sommet de Chine, à travers une fenêtre Émerge d’une forteresse de béton La tour pagode Regarde vers nous Une cascade de lumière attire son attention De notre côté de la réalité Le temps s’est cristallisé Dans un nuage d’argent Il laisse tomber une pluie de secondes Il faut compter chaque goutte Pour qu’arrive la délivrance Plus bas, le soleil oublié Espère de son œil en fibre de verre Le moment propice où se lever Pour le véritable spectacle Il faut regarder vers l’ouest : Le plus vif arc-en-ciel En jets de lumière Pendant ce temps, là-haut L’ermite dans sa mosaïque bleue Tend l’oreille pour tromper sa solitude À la séré...

Comme il n’y a pas de sot métier…

Commençons la journée du bon pied : après une petite « vacance », me revoilà! Même emploi, toujours pas mariée, toujours sans enfant, donc, rien n’a changé depuis mon dernier blog. ;) Il y a une semaine, j’étais chez mes beaux-parents à me détendre dehors, siroter une limonade, manger et prendre du bon temps; aujourd’hui, de retour au bagne. Cependant, les connaissances et liens du travail agissent sur l’aspect blasant et répétitif de mes tâches. Si j’ai l’air de dire que je suis payée à rien faire, je rectifie le tir sur le champ : travailler en interaction avec les gens n’est pas un pique-nique! Beaucoup de tâches liées à mon travail comporte certains défis, à commencer par la nature négative, geignarde, non-constructive—la plainte verbale est rarement suivie d’une plainte par écrit—et ô combien égocentrique de notre espèce. Voir à la sécurité de la clientèle—aussi appelé : « gestion de foules » dans notre jargon—demeure , selon moi, le plus stressant des exercices. Trop nombreux so...

Se rendre malade en pensant être malade

Ainsi, me voilà flanquée d’une nouvelle névrose (suis-je en train de suggérer en posséder plus d’une? Un peu plus de circonspection, que Diable! ) :je fais mes premières armes en tant qu’hypocondriaque. En somme, ça commence par de vagues symptômes, associés rapidement à de l’information plus ou moins sortie de son contexte, glanée ici et là. Ensuite, on se convainc soi-même d’être la proie d’une maladie grave, foudroyante et (bien sûr) mortelle. Alors, du coup, on se concentre sur tous les engrenages défectueux de notre anatomie, pour ensuite laisser escalader l’angoisse après un « auto-diagnostic », ma foi, un peu hâtif. Sur ce, on vient de s’ouvrir une porte sur l’enfer : souffle court, tremblements violents, vertiges. Tout semble vouloir confirmer notre malaise imaginaire. Véritable handicap au quotidien, l’hypocondrie vous fait planer sans cesse le spectre de la mort sur la tête, alors que notre réel bilan de santé actuel nous permettrait de profiter amplement de la vie. La s...

Urgence

Un changement s’est opéré en moi, récemment. Très récemment. Une rage d’écrire. J’ai du mal à lire ce que d’autres bloggeurs font, sans qu’une petite voix me dise : « Qu’est-ce tu fous? Lâche tout et remets-toi à écrire! ». Je souhaite de tout coeur cette métamorphose permanente. Alors me voilà, en train de bûcher sur un nouveau blog, sur mon petit cahier interligné. L’heure est présentement à noircir les pages avec une mine de plomb. Ensuite, j’ouvrirai un fichier Word et je retranscrirai le tout sur ordinateur, en ayant bien pris soin de sauvegarder sur ma fidèle grenouille-mémoire (ma clef usb est en forme de grenouille, gracieuseté de ma filleule). Finalement, le copier-coller sur mon blog. L’ordinateur : quel merveilleux outil! L’espace d’une seconde, je prends une pause pour caresser mon chien. Je reviens à mon occupation première. Les marques laissées par la mine grasse de mon HB/2 envahissent mon âme d’une étrange satisfaction. J’ignore le but de ce billet. Peut-être en est-...

Archives VI

Une autruche heureuse est une autruche savoureuse! Consciente de la popularité croissante de la viande d’autruche et d’émeu au Québec, la compagnie de fournisseurs pour éleveurs d’autruches, Cervelle d’oiseau Inc. est fière de vous présenter ses produits d’avant-garde à travers cette prochaine interruption publicitaire. Car nous savons que l’avenir est dans l’autruche! Votre autruche n’apprécie pas de se faire toiletter tête nue? Qu’à cela ne tienne : nous avons inventé à cet effet le casque de bain pour autruches. Vous pouvez lui rincer la tête dans le bain, sous la douche, le boyau d’arrosage ou même la pluie, le minuscule cerveau de cet immense oiseau ne prendra pas l’eau. Votre autruche s’enfonce la tête dans le sable? Plus de souci à se faire : le casque de bain d’autruche protègera vos ratites contre le sable dans les oreilles, euh…ouïes, non…euh, orifices auditifs. Cervelle d’oiseau Inc. a le confort de vos autruches à cœur. C’est pour cette raison que nos casques...

Archives V

Distorsions historiques Un bel après-midi de mars, un père et son fils sont assis côte à côte dans la salle à manger. L’heure est aux leçons. -Merci, papa, de m’aider à réviser ma leçon d’histoire. Cet examen compte beaucoup pour la note finale du semestre. -Ce n’est rien, Simon. C’est tout naturel pour un père d’aider son fils avec ses devoirs et en plus, ça me fait plaisir. Tu sais, l’histoire était une des matières fortes de papa, à l’école. Alors on commence? -C’est parti! -Hmmmm… Alors voilà. Hannibal, sur son éléphant, défendait Carthage et l’honneur de la belle Hélène (son amie de coeur) contre Alexandre de Troie, tandis que les Romains étendaient leur empire jusqu’en Barbarie. En ce même moment, les Vandales avaient démoli le mur de Jéricho. -Wouah! Et c’est pour cette raison que le mot « vandale » existe? -Cela va de soi… Dis, tu prends des notes? C’est que je ne veux pas parler pour rien, moi! -Oui oui ça vient…Vandales…Jéricho. Une seule petite question, pa...