Ce projet inachevé se voulait un recueil de textes en prose poétique sur des femmes, modèles inscoupçonnés et hétérodoxes pour nos jeunes filles, car ces exemples n'ont pas toutes nécéssairement foulé le sentier du showbiz. Un autre de mes critères de recherche pour mes sujets fut l'action: même si certaines d'entre elles connurent une fin tragique, je voulais des femmes d'action et non des victimes passives. Je laisse à mes lecteurs le soin de juger de mes choix, de mon initiative et du reste.
À la mémoire de Saida
Saida Menebhi
Sous la lumière ardente du Maroc des années 1970, une vague timide tourmenta le courant influençable de la plèbe. Elle fut engloutie hélas, victime parmi des centaines d’autres, par le remous fangeux de l’oppression. Cette petite vague s’appelait Saida Menebhi.
Saida, l’étudiante, la militante socialiste, la rebelle… la disparue. Son histoire fut semblable à celle de nombres de révolutionnaires. Sa lutte pour un monde meilleur n’avait rien exceptionnel, mais elle, l’était. Tout individu préoccupé par le sort des autres ne peut s’empêcher d’être ému par cette fleur du soleil, ses joies, sa souffrance, son affection pour sa famille et ses amis. C’est à travers la correspondance que l’on apprend vraiment à la connaître. Âme débordant d’amour, érudition, acharnement dans l’adversité, vulnérabilité et grande lucidité sur le sujet de l’éducation : ses lettres exhalent sa personnalité. Touchante, cette étoile tombée du ciel pour un si bref séjour! Il est facile de l’imaginer amie, voisine, sœur ou camarade de classe.
Rose des sables, détruite à 25 ans par le vent impitoyable d’un régime hostile aux droits et à la dignité des hommes. Son courage l’aura sans doute élevée dans le même firmament que la légendaire Kahina, reine berbère des temps anciens. Tout sacrifier pour défendre ses idées : un corps, meurtri par les tortures, un esprit ferme, la chance d’être avec ses proches parents et amis . Toujours elle résista aux efforts des cerbères de Derb Moulay Cherif pour la briser . Puis, un dernier geste de révolte : en prison, Saida et ses congénères organisèrent une grève de la faim. Quarante jours. La rose des sables s’effrita, résistante jusqu’à la fin au toucher de la main humaine, mais érodée par les épreuves.
Saida « l’heureuse », c’était un cœur qui résonne, de Rabat à Casablanca; une voix du sexe « faible » qu’on a tenté d’étouffer. La vie dans les entrailles de la vie. Tant d’amour dans une seule personne. Au pays intérieur de Saida, les arbres de la vérité étaient droits, les gens étaient libres et les ombres, réconfortantes.
Une femme comme tant d’autres, cette native de Marrakesh : muselée, bafouée, brisée, sacrifiée à l’autel du gouvernement. Une jeunesse forgée à partir d’un millier d’exemples : éprise de la justice comme de la vie, brave, solidaire, optimiste…jamais banale. Seul le temps convertit les passionaria en légendes. Pour l’instant, un symbole, un poème. Une inspiration.
À la mémoire de Saida
Saida Menebhi
Sous la lumière ardente du Maroc des années 1970, une vague timide tourmenta le courant influençable de la plèbe. Elle fut engloutie hélas, victime parmi des centaines d’autres, par le remous fangeux de l’oppression. Cette petite vague s’appelait Saida Menebhi.
Saida, l’étudiante, la militante socialiste, la rebelle… la disparue. Son histoire fut semblable à celle de nombres de révolutionnaires. Sa lutte pour un monde meilleur n’avait rien exceptionnel, mais elle, l’était. Tout individu préoccupé par le sort des autres ne peut s’empêcher d’être ému par cette fleur du soleil, ses joies, sa souffrance, son affection pour sa famille et ses amis. C’est à travers la correspondance que l’on apprend vraiment à la connaître. Âme débordant d’amour, érudition, acharnement dans l’adversité, vulnérabilité et grande lucidité sur le sujet de l’éducation : ses lettres exhalent sa personnalité. Touchante, cette étoile tombée du ciel pour un si bref séjour! Il est facile de l’imaginer amie, voisine, sœur ou camarade de classe.
Rose des sables, détruite à 25 ans par le vent impitoyable d’un régime hostile aux droits et à la dignité des hommes. Son courage l’aura sans doute élevée dans le même firmament que la légendaire Kahina, reine berbère des temps anciens. Tout sacrifier pour défendre ses idées : un corps, meurtri par les tortures, un esprit ferme, la chance d’être avec ses proches parents et amis . Toujours elle résista aux efforts des cerbères de Derb Moulay Cherif pour la briser . Puis, un dernier geste de révolte : en prison, Saida et ses congénères organisèrent une grève de la faim. Quarante jours. La rose des sables s’effrita, résistante jusqu’à la fin au toucher de la main humaine, mais érodée par les épreuves.
Saida « l’heureuse », c’était un cœur qui résonne, de Rabat à Casablanca; une voix du sexe « faible » qu’on a tenté d’étouffer. La vie dans les entrailles de la vie. Tant d’amour dans une seule personne. Au pays intérieur de Saida, les arbres de la vérité étaient droits, les gens étaient libres et les ombres, réconfortantes.
Une femme comme tant d’autres, cette native de Marrakesh : muselée, bafouée, brisée, sacrifiée à l’autel du gouvernement. Une jeunesse forgée à partir d’un millier d’exemples : éprise de la justice comme de la vie, brave, solidaire, optimiste…jamais banale. Seul le temps convertit les passionaria en légendes. Pour l’instant, un symbole, un poème. Une inspiration.
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