Le ciel est aussi pour les ânes
Fidèle valet suffreteux et timide aux doux yeux sculptés dans la tristesse, à toi aussi, le paradis ouvrira ses portes. Lorsque tu sentiras à minuit la faucheuse roder les bois et les champs, n’aie pas peur! Ne résiste pas si ton sang se tarit dans tes veines, si les rêves t’envahissent avant le crépuscule, si tu te sens partir et ton cœur fatigué te paraît léger.
Brâme une dernière fois ton chant d’espoir, petit bourriquet au manteau de velours! L’univers ne t’a point renié. Pars, laisse-toi aller! Prends part à la caravane de tes frères ânes, si tu la vois passer. Le royaume céleste t’accueillera en liesse. L’herbe ci-haut n’est-elle pas déjà une caresse? Traite tes poumons de cet air fragrant de melons d’eau et de verger d’orange. Plus de mythe, plus de mirages mais un lac d’argent aux poissons affables. Éternel jardin de délices à tes pieds, l’oasis paisible des poètes s’offre à tes naseaux de soie, gentil grison.
Le Seigneur, notre père, sut reconnaître ton humilité.
Nathalie Benoît
Le 13 avril, 2004
Fidèle valet suffreteux et timide aux doux yeux sculptés dans la tristesse, à toi aussi, le paradis ouvrira ses portes. Lorsque tu sentiras à minuit la faucheuse roder les bois et les champs, n’aie pas peur! Ne résiste pas si ton sang se tarit dans tes veines, si les rêves t’envahissent avant le crépuscule, si tu te sens partir et ton cœur fatigué te paraît léger.
Brâme une dernière fois ton chant d’espoir, petit bourriquet au manteau de velours! L’univers ne t’a point renié. Pars, laisse-toi aller! Prends part à la caravane de tes frères ânes, si tu la vois passer. Le royaume céleste t’accueillera en liesse. L’herbe ci-haut n’est-elle pas déjà une caresse? Traite tes poumons de cet air fragrant de melons d’eau et de verger d’orange. Plus de mythe, plus de mirages mais un lac d’argent aux poissons affables. Éternel jardin de délices à tes pieds, l’oasis paisible des poètes s’offre à tes naseaux de soie, gentil grison.
Le Seigneur, notre père, sut reconnaître ton humilité.
Nathalie Benoît
Le 13 avril, 2004
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