Debout, mères d’Acadie!
Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas
Vouloir. Vouloir à tout prix; vouloir a un prix. Vouloir, faire, pouvoir et espérer. De ces quatre verbes, un seul émane une odeur de passivité or, l’action espérer n’a rien de passif. L’espoir contient la volonté, l’anticipation, l’angoisse, la fébrilité…et parfois la déception. Une palette d’émotion plus significative qu’un simple champ lexical, plus forte qu’une définition dans le Petit Robert. L’espoir, c’est vouloir, et vouloir souvent mène à faire et pouvoir.
Passer à l’action. Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas , deux mères acadiennes de l’Ile du Prince-Edouard ont porté l’étendart de leur langue et leur identité culturelle jusqu’en cour suprême
Elles voulaient une école française pour leurs enfants, pour les enfants de leur communauté de Summerside et pour les générations à venir. Elles ont désiré une survie au-delà de leurs cellules familiales.
Contre vents et marées, elles ont revendiqué, rassemblé, sondé, documenté, combattu en cours de justice un droit des plus juste : permettre une éducation dans leur langue maternelle. Au moment de leur quête, les enfants étaient envoyés dans le comté voisin et avaient droit à une heure de trajet en autobus, de leur chaumière jusqu’à l’école. Noëlla et Madeleine ne pouvaient en rester là : elles avaient envie de garder leurs enfants près d’elles, tout en les gardant instruits dans leur langue à eux.
L’affaire pris rapidement une propension importante : la cour suprême canadienne. Cette croisade ne fit pas l’affaire de tous. Une telle cause créa une véritable polémique parmi les citoyens de Summerside. Parmi les leurs, des Francophones, de farouches opposants. De quel droit osaient-elles gaspiller l’argent de leurs taxes avec une telle vétille?
Si elles étaient si mécontentes, elles n’avaient qu’à déménager dans le comté d’Évangéline!
Premier round, elles approchent du but, mais s’écroulent knock-out devant le verdict : amenée en appel par la défense, la cause leur fut refusée. Consternation, larmes, sentiment d’échec. Trop peu de gens pour les supporter; l’aliénation de leurs pairs a creusé un fossé entre la ville et elles.
Deuxième round : la victoire, l’euphorie. Résultat issu de douloureux sacrifices : les regards obliques, les commentaires hostiles et fielleux. Même leur vie personnelle en souffre.
Elles auront traversé une mer tourmentée par les vents de préjudice et de malveillance, de pollution bureaucratique et d’hypocrisie gouvernementale; comme quoi dans ce beau pays bilingue « coast to coast » tous n’ont pas les même droits, même acquis. Elles auront ramé sans cesse pour atteindre leur rivage et enfin, un jour, se reposer avec le sentiment d’accomplissement dans la conscience.
Ce que l’on croit juste éveille par fois de virulentes dissidences chez nos alliés naturels. Ne cesser de croire en soi devient une tâche ardue, comme nager à contre courant.
Puisque cet engagement avait des enfants en cause, nulle bataille sur le champ d’honneur ne semble trop légitime ou acharnée pour une mère.
Deux mères acadiennes, sur une île perdue dans la mer, ont voulu se tenir debout pour offrir le monde à leurs enfants. Il suffisait de vouloir.
Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas
Vouloir. Vouloir à tout prix; vouloir a un prix. Vouloir, faire, pouvoir et espérer. De ces quatre verbes, un seul émane une odeur de passivité or, l’action espérer n’a rien de passif. L’espoir contient la volonté, l’anticipation, l’angoisse, la fébrilité…et parfois la déception. Une palette d’émotion plus significative qu’un simple champ lexical, plus forte qu’une définition dans le Petit Robert. L’espoir, c’est vouloir, et vouloir souvent mène à faire et pouvoir.
Passer à l’action. Noëlla Arsenault-Cameron et Madeleine Costa-Petitpas , deux mères acadiennes de l’Ile du Prince-Edouard ont porté l’étendart de leur langue et leur identité culturelle jusqu’en cour suprême
Elles voulaient une école française pour leurs enfants, pour les enfants de leur communauté de Summerside et pour les générations à venir. Elles ont désiré une survie au-delà de leurs cellules familiales.
Contre vents et marées, elles ont revendiqué, rassemblé, sondé, documenté, combattu en cours de justice un droit des plus juste : permettre une éducation dans leur langue maternelle. Au moment de leur quête, les enfants étaient envoyés dans le comté voisin et avaient droit à une heure de trajet en autobus, de leur chaumière jusqu’à l’école. Noëlla et Madeleine ne pouvaient en rester là : elles avaient envie de garder leurs enfants près d’elles, tout en les gardant instruits dans leur langue à eux.
L’affaire pris rapidement une propension importante : la cour suprême canadienne. Cette croisade ne fit pas l’affaire de tous. Une telle cause créa une véritable polémique parmi les citoyens de Summerside. Parmi les leurs, des Francophones, de farouches opposants. De quel droit osaient-elles gaspiller l’argent de leurs taxes avec une telle vétille?
Si elles étaient si mécontentes, elles n’avaient qu’à déménager dans le comté d’Évangéline!
Premier round, elles approchent du but, mais s’écroulent knock-out devant le verdict : amenée en appel par la défense, la cause leur fut refusée. Consternation, larmes, sentiment d’échec. Trop peu de gens pour les supporter; l’aliénation de leurs pairs a creusé un fossé entre la ville et elles.
Deuxième round : la victoire, l’euphorie. Résultat issu de douloureux sacrifices : les regards obliques, les commentaires hostiles et fielleux. Même leur vie personnelle en souffre.
Elles auront traversé une mer tourmentée par les vents de préjudice et de malveillance, de pollution bureaucratique et d’hypocrisie gouvernementale; comme quoi dans ce beau pays bilingue « coast to coast » tous n’ont pas les même droits, même acquis. Elles auront ramé sans cesse pour atteindre leur rivage et enfin, un jour, se reposer avec le sentiment d’accomplissement dans la conscience.
Ce que l’on croit juste éveille par fois de virulentes dissidences chez nos alliés naturels. Ne cesser de croire en soi devient une tâche ardue, comme nager à contre courant.
Puisque cet engagement avait des enfants en cause, nulle bataille sur le champ d’honneur ne semble trop légitime ou acharnée pour une mère.
Deux mères acadiennes, sur une île perdue dans la mer, ont voulu se tenir debout pour offrir le monde à leurs enfants. Il suffisait de vouloir.
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