Nuit Blanche
Ô nuit oppressante, source de mon insomnie! Je n’ai d’autre remède contre toi qu’une longue promenade au clair de lune. L’orage est passé, mais persiste le grondement obstiné du tonnerre.
Le vent est une bouffée de caresses. Malgré la lourdeur humide de l’air, cette nuit d’après la pluie m’enchante. Voyez, cette brume estivale au ras des rues miroitantes, ces arbres tourmentés par les dernières rumeurs de la bourrasque! Sentez, cet air enivrant chargé de tempête! Écoutez, la sérénade stridente des grillons au loin!
Le dôme céleste a caché son firmament sous son voile d’encre…et alors?! La veillée n’en est pas moins chimérique, toute en douceur, comme un Chagall.
Pendant que mes semblables sont à la merci de leurs délires oniriques, j’en profite pour m’aventurer seul dans le parc où tout semble dormir. D’humeur insolente, je salue candidement l’agent nuitard, en pleine tournée de surveillance. Lui, me regarde d’un œil soupçonneux, puis retourne à son état de somnambule, sans se préoccuper de mes intentions.
Je m’écroule avec nonchalance sur la pelouse mouillée et j’exhale enfin toute l’aise de me retrouver en ce jardin bien-aimé. Je contemple le lac dans un état de complète béatitude : des poissons aux écailles opalines nagent gaiement sous la valse des lunes d’eau. Ce ballet aquatique n’aurait été touchant si un généreux faisceau lunaire ne l’avait aussi bien éclairé. C’est une véritable récompense pour ma fugue nocturne! Ma tête me pèse comme le ciel d’étain, mes paupières sont de plomb, nervurées comme un globe-terrestre, mais mon âme est légère, flottante…comme les nénuphars.
À travers les nuages diaphanes, l’astre d’argent baigne dans l’onde obscure. Captivé par son reflet, je laisse la fatigue s’insinuer en moi.
Gagné par cette langueur vespérale, dans la lumière éthérée de l’aube naissante, mon esprit sombre dans la profonde abysse du sommeil sans rêves.
Nathalie Benoît,
Le 12 mars, 2002
Ô nuit oppressante, source de mon insomnie! Je n’ai d’autre remède contre toi qu’une longue promenade au clair de lune. L’orage est passé, mais persiste le grondement obstiné du tonnerre.
Le vent est une bouffée de caresses. Malgré la lourdeur humide de l’air, cette nuit d’après la pluie m’enchante. Voyez, cette brume estivale au ras des rues miroitantes, ces arbres tourmentés par les dernières rumeurs de la bourrasque! Sentez, cet air enivrant chargé de tempête! Écoutez, la sérénade stridente des grillons au loin!
Le dôme céleste a caché son firmament sous son voile d’encre…et alors?! La veillée n’en est pas moins chimérique, toute en douceur, comme un Chagall.
Pendant que mes semblables sont à la merci de leurs délires oniriques, j’en profite pour m’aventurer seul dans le parc où tout semble dormir. D’humeur insolente, je salue candidement l’agent nuitard, en pleine tournée de surveillance. Lui, me regarde d’un œil soupçonneux, puis retourne à son état de somnambule, sans se préoccuper de mes intentions.
Je m’écroule avec nonchalance sur la pelouse mouillée et j’exhale enfin toute l’aise de me retrouver en ce jardin bien-aimé. Je contemple le lac dans un état de complète béatitude : des poissons aux écailles opalines nagent gaiement sous la valse des lunes d’eau. Ce ballet aquatique n’aurait été touchant si un généreux faisceau lunaire ne l’avait aussi bien éclairé. C’est une véritable récompense pour ma fugue nocturne! Ma tête me pèse comme le ciel d’étain, mes paupières sont de plomb, nervurées comme un globe-terrestre, mais mon âme est légère, flottante…comme les nénuphars.
À travers les nuages diaphanes, l’astre d’argent baigne dans l’onde obscure. Captivé par son reflet, je laisse la fatigue s’insinuer en moi.
Gagné par cette langueur vespérale, dans la lumière éthérée de l’aube naissante, mon esprit sombre dans la profonde abysse du sommeil sans rêves.
Nathalie Benoît,
Le 12 mars, 2002
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