Un collègue d’un âge vénérable nous contait à Monchéri et moi sa passion—et raison principale de rentrer travailler : se payer des voyages de pêche. Ainsi, ce monsieur se lève comme nous avant les premières lueurs du jour, peut passer jusqu’à 16 heures debout comme nous et garder sa bonne humeur malgré tout. Un superviseur ou un client lui fait des remontrances? Il s’en contre-câlisse : il éteint son radio émetteur ou répond d’un « ah oui? » teinté de la plus suprême indifférence, mais demeure poli en tout temps. Puis, il se magasine une pourvoirie et se rend en avion avec ses fils et petits-fils. Un méchant trip. Lorsqu’il en parle, il est tout sourire, Il rit, souvent. Il nous raconte le silence de plomb qui y régna un jour, au point qu’il dut frapper l’eau de sa rame, afin de s’assurer qu’il n’était pas sourd. Il nous dit sa répugnance à pêcher au milieu du lac : il préfère garder les berges dans son champ de vision. Il nous parle de la quantité de bière apportée et de la débauch...
L’écriture pour se ressourcer, les Cantons de l’Est pour s’inspirer