Attention: je vais vous dire des obsénités. Terrine de sanglier...magret de canard...homard dégoulinant dans du beurre à l’ail...brie fondant au Porto. Décus? J’ose espérer que ça choque au moins quelques végétaliens! Pardonnez-mon délire: j’en suis à ma quatrième rédaction. Le thème ne semble pas stimuler mon inspiration. Manger rime pourtant avec bonheur. Vous connaissez sûrement des excessifs, portés à consommer à outrance les nombreux plaisirs de la table; je suis l’une d’eux. Comment ne pas saliver à la pensée d’un mille-feuille, de hummus, d’une montagne de crème sûre sur une patate au four, d’un nuage de crème fouettée dans la paume d’une main? Sans parler des fromages: avec moi, un morceau de Oka ne survivra jamais une semaine!
Manger santé, vous dites? J’ai la chance de compter sur un conjoint qui cuisine bien, improvise bien et ne lésine pas sur les légumes. Nous alternons entre modération et substitution: le sirop d’érable plutôt que le sucre, les légumineuses plutôt que la viande, les fines herbes, etc. Mais de là à devenir entièrement végétarien, alors que je viens à peine de m’aventurer dans le succulent territoire des viandes sauvages? Ça peut attendre. Je suis aussi très ouvertes aux crudités pour remplacer les croustilles, tant qu’elles puissent être enrobées d’une trempette. Il reste encore beaucoup de place pour l’amélioration: entre un yogourt et du gâteau au fromage, mon coeur penche dangereusement vers le second choix. Heureusement, mon récent statut de parent me motive à modifier ma diète: on est tenté de se préserver, comme on veille à la santé de ceux qu’on aime. Souvent, il m’arrive de rencontrer des adeptes d’une forme extrême de manger santé, où ceux-ci manifestent plus de frustration que santé. Ce n’est pas une majorité, mais une présence suffisamment importante, pour soupçonner ces individus d’adopter leurs nouvelles habitudes alimentaires depuis peu; le jugement--et la saveur semblent avoir été oubliés dans leur nouvelle diète. Voilà: je viens de trouver mon blocage avec le sujet! Quant à la malbouffe, j’arrive à y résister avec une surprenante facilité... Dixit la fille qui vient aujourd’hui d’engloutir deux bons roteux, avec une grosse patate. Ne vous en faites pas: je culpabilise déjà beaucoup et mon corps se charge de me rappeler, qu’à l’aube de ma quarantaine, ça fait plus de mal que de bien. “Pour un plaisir, mille douleurs”, chantait Richard Desjardins.

Menoum! Tu essaies de canaliser l'esprit gourmand de Claudine? L'orthorexie, trop peu pour moi.
RépondreSupprimer