Il m'arrive encore souvent de demeurer interdite, hésitante, lorsqu'on me demande ce que j'ai publié.
Pourtant, j'ai écrit (et j'écris encore) depuis quatre à titre bénévole pour le journal communautaire Le Panorama.
Quatre ans, à avoir donné tant d'heures à me creuser l'esprit, préparé des questions, interrogé des gens, compilé de l'information, synthétisé, et... écrit! Mais quelle étrange lubie m'empêche d'exhiber avec fierté ces traces laissées sur papier et dans le web? Un syndrôme d'imposture impitoyable et tenace.
Libres penseurs
Ma première marque dans le journal Le Panorama, je l'ai laissée lorsque j'ai proposé mon poème Ode à Waterloo. Ensuite, lorsque j'ai vu qu'un des quatre chroniqueurs de Libres penseurs ne publiait plus, j'ai saisi la balle au bond et j'ai pris le risque de me proposer parmi la bande des quatre. Leur réponse affirmative devint ma première petite victoire. J'avais pris ma place et ça ne faisait que commencer.
Libres Penseurs consistait à présenter quatre points de vue différents sur le même sujet dans la plus grande liberté de style et de perspective. Maintenant que je donne des ateliers littéraires, j'adore proposer le même jeu à plus d'une personne et récolter la richesse des différentes personnalités chez mes participantes.
Je ne fus pas peu flattée lorsqu'on me demanda plus tard de choisir moi-même les thèmes pour Libres penseurs.
Maman-reporter
Lorsque le groupe s'est démantelé, mon coeur se brisa à l'annonce de la fin de cette chronique. Fort heureusement, j'ai eu l'heureuse nouvelle peu après que d'autres responsabilités dans le journal m'étaient destinées. C'est ainsi que je suis devenue reporter-photo: j'ai couvert les différents événements tenus à Waterloo: la Nuit des sans-abris, les Fableries, au moins trois défilés de Noël, un marché de Noël et j'en passe!
Cependant, j'ai dû imposer plusieurs déplacements à ma fille--mon conjoint travaillait de nuit, travaillait beaucoup-- et certains déplacements avaient lieu en soirée. Je me sentais souvent comme une mère monoparentale et, bien que ma fille s'amusait comme une folle (elle n'allait pas encore à l'école), j'ai accueilli avec soulagement le mandat de la chronique «C'est chez nous que ça s'passe», plus stable, plus prévisible... plus compatible avec ma vie de jeune maman. J'ignore quels souvenirs ma fille gardera de ces journées-- ou soirées--folles, à courir d'une activité à une autre; je crois que nous avons vécu ensemble des expériences enrichissantes, à côtoyer non concitoyens de tous les horizons.
C'est chez nous que ça s'passe!
Non seulement j'étais ravie de me réfugier dans une chronique régulière, la mission dont j'ai été investie correspondait parfaitement à mes valeurs: la promotion et valorisation les entrepreneurs locaux, dont le métier ou créneau était quelque peu marginal. Non seulement, j'éprouve une satisfaction à rendre au mieux possible l'essence de leur passion, mais le bagage d'expériences récoltées en vaut largement la chandelle!
Alors si on me demande ce que j'ai écrit, je vais l'étendre sur ce blog comme une tapisserie: quatre ans de chroniques et darticles écrit dans des délais aussi serrés que des étaux, parfois même en dormant, mais qui témoignent d'une action dont je dois m'approprier: j'écris.
“Il existe une certaine réserve qui n’est pas de la modestie mais de la paresse à se faire valoir.”
Alfred Capus / Les Pensées

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