Écrire pour une personne qu'on aime peut paraître simple: quand le sujet nous inspire, les mots devraient surgir avec facilité. Et pourtant... Permettez-moi de partager avec vous les différents défis autour de l'écriture de ce poème
Ma méthode; le remue-méninges avant la poésie
J'ai choisi d'écrire un poème sur cet être cher parce que l'évidence se présentait d'elle-même: au fur et
à mesure que je faisais le bilan de sa vie, je saisissais progressivement la grandeur derrière cette femme toute simple. Oui, maintenant, vous le savez: ma muse est une femme pour ce poème. Aussi, je ressens une certaine urgence de lui faire connaître mon hommage pendant qu'elle vie sur cette terre. Trop souvent, on a tendance à attendre que les gens nous quittent pour leur rendre hommage. Bien que l'inspiration derrière mon poème n'est pas menacée, son âge et son état de santé actuels présentent une certaine incertitude à ma réalité de tous les jours et m'imposent de saisir cette occasion tout de suite. Aussi, je sais que cette égérie sera en mesure d'apprécier mes mots comme cadeau précieux. Elle a toujours été là pour m'encourager.
Ma méthode; le remue-méninges avant la poésie
Avant de faire le plongeon vers la versification, j'ai assemblé toutes les idées que j'aimerais utiliser pour la décrire, et décrire ce que je ressens pour elle, comme je la vois. J'ai aussi fait l'inventaire tous les mots, tous leurs synonymes pour exprimer ces idées. Ce remue-méninges, écrit
à la main dans le même cahier où j'écris mes premiers jets, me serviront plus tard de référence. Bien sûr, d'autres mots s'ajouteront plus tard, car un poème est pour moi un long et perpétuel chantier.
Le lieu d'écriture: un nouveau rituel
Assise dans la verrière du Café de la brûlerie à Granby, j'essaie de faire abstraction de l'activité humaine autour de moi. Bien que mon cerveau vieillissant et ma concentration friable m'imposent d'habitude de m'emmurer dans un silence monastique, j'ai choisi et j'aime l'ambiance de ce café chaleureux. Chaque mercredi, lorsque je dépose ma fille à son activité du soir, je vais au Café la brûlerie et je me prends un petit café-dessert. Je vous recommande chaleureusement les beignes avec un thé ou un café, pour une boisson chaude et une collation sans vous prendre la tête. Le latté pomme et cannelle vaut aussi le détour.
Je sais maintenant que la gentille employée du café qui me sert le trois quart du temps s'appelle Mylène et c'est pour son accueil chaleureux et son excellent service que je reviens à ce café. Revenir à un endroit où l'on finit par vous reconnaître me provoque la même chaleur à l'âme que le sentiment d'enfiler son kangourou préféré (je parlais du vêtement, bien sûr!).
Et vous ai-je parlé du vestibule? Que ce soit en entrant ou en sortant, une arôme envoûtante de café vous caresse l'odorat, invitation irrésistible pour les amateurs de ce breuvage.
Mon défi: quand la tête domine le coeur
Après quelques tentatives je prends un recul sur mes premières tentatives. Jusqu'à maintenant, je ne suis pas satisfaite. J'ai l'impression d'écrire avec la tête, à choisir les bons mots, des métaphores qui en jettent... mais où est le coeur, dans tout ça? Je sais que je ne le ressens pas. Ai-je fait le choix de la grandiloquence sans âme par-dessus le langage universel de la simplicité, cette expression accessible, qui fait de notre expérience celle de nombreuses autres personnes? Certes, j'écris pour une personne qui apprécierait un épigramme, et j'ai l'impression de m'apprêter à lui écrire une chanson de geste. Je dois trouver un équilibre entre les deux. Je vise d'abord à émouvoir: l'indifférence est le plus grand ennemi du poéte.
Frustration : perfectionnisme
C'est drôle, mais le paradoxe d'avoir écrit depuis longtemps et de ne pas avoir écrit depuis longtemps cause un inconfort persistant; celui d'avoir à peine effleuré l'ombre d'une satisfaction devant les premières tentatives d'écriture. En d'autres mots: on se trouve bien ordinaire, poche, médiocre, même!
On perçoit ses ébauches comme du vulgaire gribouillage atteint d'anémie lexicale et le syndrôme d'imposture n'est jamais bien loin, nous épiant du coin d'un mur.
J'avais oublié qu'une autre urgence me presse de terminer ce poème très bientôt: l'anniversaire de naissance du sujet de ce poème. Qu'à cela ne tienne, s'il faut étirer le délai vers Noël pour pondre un chef d'oeuvre, c'est ce que je ferai!
Premier extrait
Je vous le dis tout de suite, ce que je m'apprête à partager avec vous comme ébauche de strophe pourrait ou ne pourrait pas se trouver dans la version finale. C'est simplement pour vous montrer où je suis rendue.
Éprouvée dès la naissance par la vie, balottée
Comme Moïse par les eaux troubles
Elle a survécu à l'abandon, l'indifférence
Âme d'Hercule dans une guerrière en langes.
Pourquoi je ne vous révèle pas tout de suite la muse derrière le poème? Peut-être pour créer un peu un suspens et à la fois ne pas trop me créer d'attentes. Vous le saurez une fois le poème avancé.
Conclusion; entre la tête, le coeur, et le café
Je sais que j'exige de moi le meilleur, rien de moins; les mots les plus justes, les mieux assemblés, les métaphores les plus percutantes. C'est ma tête qui s'exprime. Je sais qu'après des heures de ratures, de ré-écriture et de frustrations, mon coeur aura le temps de nous rejoindre, mon esprit et moi, au rendez-vous pour la plus belle célébration des mots et de la poésie à travers cet ode à une personne très importante.
J'espère de tout coeur vous la faire connaître et l'aimer.
Pour plus d'information sur le Café de la Brûlerie, visitez leur site internet en cliquant sur ce lien; https://cafedelabrulerie.com/


Commentaires
Enregistrer un commentaire