Sous les accents roucoulants de la regrettée Dalida, j’amorce en force le retour à mon blog mal-aimé tel un parent négligent, les bras chargés de cadeaux destinés à racheter mon pardon.
Me faire pardonner par qui? Par moi-même, après tout. Je n’ai que moi-même à satisfaire.
J’ai bûché fort et je suis fière de moi. Fière de quoi? Mon acharnement au travail m’apportent enfin mes résultats escomptés. Première promotion: à ma très grande surprise, après des mois d’absence, mon instructeur de karaté m’a jugée prête pour ma ceinture jaune. En fait, rien n’est encore gagné d’avance, car c’est demain le test fatidique. Plus j’y pense, plus ça me rend nerveuse. Le pire c’est de ne pas savoir à quoi s’attendre. En revanche, ça accorde à l’épreuve un aspect mystérieux, comme subir l’initiation d’une société secrète.
Je ne pensais pas que le karaté deviendrait un tel engagement. J’y allais à prime abord pour m’adonner à une activité qui me distrairait de mes angoisses et mon hypocondrie. Me voilà aspirée dans un monde quasi-militaire où le protocole prédomine nos actions et relation avec les autres, mais où la camaraderie est présente.
Lorsque j’aurai obtenu ma ceinture jaune, je n’aurai ressenti un tel sentiment d’accomplissement sportif depuis mes rubans de compétition équestre.
Autre accomplissement: la concrétisation d’un projet de journal littéraire dans mon milieu de travail avec quatre co-auteurs. Également collègues de travail, ces amoureux de la plume et de l’imaginaire m’ont suivi aveuglément dans mon délire. Je leur en suis reconnaissante car grâce à leur support, j’aurai enfin réussi à me prouver que je suis capable de terminer ce que je projette de faire et me délivre ainsi du cycle infernal des projets avortés ou reportés aux calendes grecques. Je me le devais.
Ah, et j’avais presque oublié: l’article que j’avais écrit dans l’Info-syndic, notre publication syndicale a eu un quelconque impact sur les hautes sphères du Palais des congrès. Qui aurait cru que mes écrits porteraient fruit dans la conscience des gens? Personnellement, je n’y croyais presque plus, bien que je l’espérais.
Alors voilà! Je crois qu’un jour, je parviendrai à m’affirmer en tant qu’écrivain.
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